et cetera ~ ~ ~

Une seconde fois

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La Porte de l’enfer

« Just as the French impressionists were inspired by classical Japanese woodcut artists, in a similar way there is every possible reason for Western film directors to learn from the Japanese film, Gate of Hell, where the colours really serve their purpose. I would think that the Japanese themselves regard this film as a naturalistic film, in historical costumes, of course, but still naturalistic. Seen with our eyes, however, it seems like a stylised film with attempts at the abstract. »

Carl Theodor Dreyer à propos de Jigokumon (地獄門), Gate of Hell, de Teinosuke Kinugasa, 1953.

Rouler à vélo


Arrivée au phalanstère de Corbeil du jeune Indien
sur sa bicyclette Clément Luxe modèle 1897 achetée
à Laval qu’Alfred Jarry ne paiera jamais.

Da lontano era un’isola — De loin c’était une île,
Bruno Munari, 1971.

2014 en musique

Quelques disques remarqués en 2014 (par ordre alphabétique) :

– Swans – To Be Kind

– Andy Stott – Faith In Strangers
– Bohren and Der Club Of Gore – Piano Nights
– Current 93 – I Am the Last of All the Field That Fell – A Channel
– Cut Hands – Festival Of The Dead
– Grouper – Ruins
– Jozef van Wissem & SQURL – Only Lovers Left Alive Soundtrack
– Leyland Kirby – The Death of Rave – A Partial Flashback V-Vm
+ Intrigue & Stuff Vol 1-4
+ We Drink To Forget The Coming Storm

– Sleaford Mods – Divide and Exit
– St Vincent – St Vincent

 

+ Des rattrapages :
– Mendelson – Mendelson, 2013
– Mark Templeton, Jealous Heart, 2013
– Matias Aguayo – Ay Ay Ay, 2009 + The Visitor, 2013
– Moritz Von Oswald Trio – Fetch, 2012
– Ensemble Pearl – Ensemble Pearl, 2013

+ Et des découvertes :
– Oidupaa Vladimir Oiun ‎– Divine Music From A Jail, publié en 1999
– Pharoah Sanders – Karma, 1969
– Freddie Hubbard Ilhan Mimaroglu – Sing Me a Song of Songmy,
   A Fantasy For Electromagnetic Tape, 1971
– Nico – The End, 1974
– Family Fodder – Playing Golf With My Flesh Crawling – My Baby Takes Valium EP, 1979
– Idoli – Odbrana i poslednji dani, 1982

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Elle

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Trois mois sur les routes de Chine

 

Taiyuan_-_Jinci_Temple_-_Stele_1_500.jpgZhangye_-_Pneu

 — du 25 juillet au 25 octobre 2014

« In the year of 1657 I discovered very
small living creatures in rain water. »
Antoni van Leeuwenhoek1

Avant j’en ai souvent rêvé, après aussi… mais comme le propose Iannis Xenakis, « il faut être constamment un immigré »! Si il reste encore pas mal de développements à faire voici déjà une première fournée. Dans un ordre quelque peu chaotique voici ma prise de connaissance liminaire du terrain avec ce [ fragile enchainement articulé ], difficile à figer, à terminer mais néanmoins tout à fait pensé ! Ces images forment un ensemble, une expérience forte vécue sur plusieurs milliers de kilomètres3, dont les interstices (invisibles)4 sont plus importants que les entités qui la composent.

Avec un groupe de six étudiants en 3, 4 et 5e année design graphique et multimédia et ma collègue Catherine M. nous avons passé deux mois à Chongqing missionnés par l’École supérieure d’art des Pyrénées — Pau Tarbes que je remercie infiniment pour avoir soutenu avec ardeur ce projet.

1. L’intégralité de sa lettre du 9 octobre 1676 (traduite en anglais depuis le néerlandais) est disponible ici.

2. « Il faut être constamment un immigré » entretien avec Xenakis, François Delalande, Buchet-Chastel/INA-GRM, 1997 (http://www.francois-delalande.fr/publications/classement-par-domaines/xenakis)

3. Pour accompagner la visite, voir la carte :
https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=z5-8bFvxVIOM.kGKDlGLTs0L0

4. À ce propos, Norman McLaren écrivit dans son manifeste Philosophy Behind this Machine (voir l’article suivant) : « Animation is not the art of drawings that move but the art of movements that are drawn ».

·

Balades en technicolor


Balades dans cinquante films, de l’Égypte antique
au printemps verdoyant du Béarn, le tout cousu
d’un fil technicolor. [ mai & juin 2014 ].

Nurse With Wound list


La Nurse With Wound list ici et .

Steven Stapleton, John Fothergill et Heman Pathak incluent cette liste de 291 noms de musiciens, groupes ou artistes de musique expérimentale à la sortie en 1979 du premier disque (Chance Meeting on a Dissecting Table of a Sewing Machine and an Umbrella – United Dairies) du groupe Nurse With Wound. Elle est considérée comme un hommage à différents compositeurs contemporains et à des artistes moins connus qui ont influencé NWW . Elle est depuis une sorte de « liste de course » pour les collectionneurs de musique d’avant-garde et d’enregistrements outsiders.

Ossau — solitude et fictions labyrinthiques de crête

Pic du midi d’Ossau depuis la crête Chérue-Lavigne

« La ligne est composée d’un nombre infini de points, le plan, d’un nombre infini de lignes, le volume, d’un nombre infini de plans, l’hypervolume, d’un nombre infini de volumes… Non, décidément, ce n’est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de tout conte fantastique qu’il est véridique; le mien, pourtant, est véridique. »

Fin février, l’Ossau au cœur de l’hiver c’est quelque chose… L’objectif du jour n’était pas de faire un projet impossible (du moins pour l’instant !) mais de m’approcher en reconnaissance, le plus près possible de la première cheminée de ce fier sommet qui semble si imprenable. Pour cause d’un temps franchement peu accueillant je m’arrête en chemin au Pic de Chérue et me replie sur la cabane du même nom, en gardant bien à distance mon ambition aux effrayants nuages noirs. Sur la table est posé l’hebdomadaire Courrier international titré en couverture « Qui contrôle l’Afrique ? — Centrafrique, Soudan du Sud, Congo… les interventions militaires masquent la bataille pour s’emparer des richesses du continent » (*) mais je quitte cette lecture tentante pour une autre bien plus accueillante : Le livre de sable (**) de Jorge Luis Borges que j’avale d’une seule traite. Après un sommeil confortable mais habité de fictions labyrinthiques, le ciel se découvre. Ce qui m’invite à repartir sur les crêtes avec Henry Flynt, Deafhaven, Julia Holter et Philip Jeck dans les oreilles. Après une petite escalade sympathique (c’est toujours plus compliqué quand il y a de la glace…) au col Lavigne, je termine la journée par le sommet du même nom qui offre un superbe panorama à 360° sur la haute et basse vallée d’Ossau pour conclure ce parcours hautement recommandable. Cette conquête n’est absolument pas glorieuse, mais sans trop savoir pourquoi je me sens riant, j’en ai même le sourire aux lèvres, peut-être à cause du Très précis de conjugaisons ordinaires (***) de David Poullard lu dernièrement.  Voir les » images « du périple.

 

* Courrier international n°121, 23 au 29 janvier 2014.

** Jorge Luis Borges, Le livre de sable (El libro de arena), recueil de nouvelles publié en 1975.

*** David Poullard et Guillaume Rannou, Très précis de conjugaisons ordinaires,
Tome 1 Le travail –  Tome 2 Les chansons populaires.

 

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Hitchcock, Naruse — masques et têtes

Alfred Hitchcock – (1949) Les Amants du Capricorne –Under Capricorn
Mikio Naruse – (1954) Le grondement de la montagne –Yama no oto

Depuis de nombreuses années, au fil des thèmes de mes recherches j’essaye de construire mes visionages cinématographiques par série dont le lien peut prendre forme plus ou moins arbitrairement avec les réalisateurs, les acteurs, les genres… ou bien encore les époques, les pays d’origine, etc. Que ce soit des films de genre comme les westerns d’Anthony Mann, les films de Gangster de Seijun Suzuki, des grands classiques d’André De Toth, William Wellman, Henry Hathaway, John Huston, Billy Wilder ou Vincente Minnelli, de tous les Lang Fritz, des Satyajit Ray et des Ritwik Ghatak, des Akira Kurosawa, Yasujiro Ozu et Kenji Mizoguchi, Jean Renoir et Max Ophüls, des mélodrames de Douglas Sirk ou bien des films du duo de Michael Powell & Emeric Pressburger, des documentaires de Joris Ivens, de Jean Rouch, de Johan Van der Keuken, les Rainer Werner Fassbinder, les Pier Paolo Pasolini, Joseph Losey… et bien d’autres, ainsi que des films contemporains de réalisateurs vivants comme Jean-Luc Godard, Werner Herzog, Luc Moullet, Apichatpong Weerasethakul, Jia Zhang Ke… Souvent se produisent des rencontres improbables, des ponts et des collusions entre ceux-ci. Dernièrement par exemple j’ai vu quelques films* terribles sur la survie, le désespoir et la résistance, l’avortement et le suicide où des têtes et des masques jouent un rôle particulier. Les photogrammes présentés ci-dessus en proposent un cas concret. Si je connaissais déjà l’image forte de la fameuse « tête réduite » sur le lit d’une Ingrid Bergman somnolente (oh grâce !), quelle ne fut pas ma surprise de la découvrir dans Les Amants du Capricorne (1949) d’Alfred Hitchcock – un film sous-estimé du maitre qui se passe en Australie – et d’enchainer d’une certaine manière avec les scènes d’une beauté incroyable du masque Nô d’un adolescent dans Le grondement de la montagne (1954) de l’étonnant et grand maître japonais du pessimisme Mikio Naruse. Une métaphore audacieuse se produit là mais sans la décrire je vous renvois aux images elles-mêmes.

(*) semaine n°3 (2014), derniers films vus :

[...]
– Akira Kurosawa – (1963) Entre le ciel et l’enfer –Tengoku to jigoku
– Alfred Hitchcock – (1944) Lifeboat
– Alfred Hitchcock – (1949) Les Amants du Capricorne –Under Capricorn
– Mikio Naruse – (1954) Le grondement de la montagne –Yama no oto
– Shohei Imamura – (1966) Le Pornographe (Introduction à l’anthropologie) –Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon
[...]

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