et cetera ~ ~ ~

La Porte de l’enfer

« Just as the French impressionists were inspired by classical Japanese woodcut artists, in a similar way there is every possible reason for Western film directors to learn from the Japanese film, Gate of Hell, where the colours really serve their purpose. I would think that the Japanese themselves regard this film as a naturalistic film, in historical costumes, of course, but still naturalistic. Seen with our eyes, however, it seems like a stylised film with attempts at the abstract. »

Carl Theodor Dreyer à propos de Jigokumon (地獄門), Gate of Hell, de Teinosuke Kinugasa, 1953.

Rouler à vélo


Arrivée au phalanstère de Corbeil du jeune Indien
sur sa bicyclette Clément Luxe modèle 1897 achetée
à Laval qu’Alfred Jarry ne paiera jamais.

Da lontano era un’isola — De loin c’était une île,
Bruno Munari, 1971.

Elle

Posté dans famiglias, voyages.

 

Articles à mettre en relation (?) :

  1. Autostrada’3

 

Balades en technicolor


Balades dans cinquante films, de l’Égypte antique
au printemps verdoyant du Béarn, le tout cousu
d’un fil technicolor. [ mai & juin 2014 ].

Nurse With Wound list


La Nurse With Wound list ici et .

Steven Stapleton, John Fothergill et Heman Pathak incluent cette liste de 291 noms de musiciens, groupes ou artistes de musique expérimentale à la sortie en 1979 du premier disque (Chance Meeting on a Dissecting Table of a Sewing Machine and an Umbrella – United Dairies) du groupe Nurse With Wound. Elle est considérée comme un hommage à différents compositeurs contemporains et à des artistes moins connus qui ont influencé NWW . Elle est depuis une sorte de « liste de course » pour les collectionneurs de musique d’avant-garde et d’enregistrements outsiders.

Ossau — solitude et fictions labyrinthiques de crête

Pic du midi d’Ossau depuis la crête Chérue-Lavigne

« La ligne est composée d’un nombre infini de points, le plan, d’un nombre infini de lignes, le volume, d’un nombre infini de plans, l’hypervolume, d’un nombre infini de volumes… Non, décidément, ce n’est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de tout conte fantastique qu’il est véridique; le mien, pourtant, est véridique. »

Fin février, l’Ossau au cœur de l’hiver c’est quelque chose… L’objectif du jour n’était pas de faire un projet impossible (du moins pour l’instant !) mais de m’approcher en reconnaissance, le plus près possible de la première cheminée de ce fier sommet qui semble si imprenable. Pour cause d’un temps franchement peu accueillant je m’arrête en chemin au Pic de Chérue et me replie sur la cabane du même nom, en gardant bien à distance mon ambition aux effrayants nuages noirs. Sur la table est posé l’hebdomadaire Courrier international titré en couverture « Qui contrôle l’Afrique ? — Centrafrique, Soudan du Sud, Congo… les interventions militaires masquent la bataille pour s’emparer des richesses du continent » (*) mais je quitte cette lecture tentante pour une autre bien plus accueillante : Le livre de sable (**) de Jorge Luis Borges que j’avale d’une seule traite. Après un sommeil confortable mais habité de fictions labyrinthiques, le ciel se découvre. Ce qui m’invite à repartir sur les crêtes avec Henry Flynt, Deafhaven, Julia Holter et Philip Jeck dans les oreilles. Après une petite escalade sympathique (c’est toujours plus compliqué quand il y a de la glace…) au col Lavigne, je termine la journée par le sommet du même nom qui offre un superbe panorama à 360° sur la haute et basse vallée d’Ossau pour conclure ce parcours hautement recommandable. Cette conquête n’est absolument pas glorieuse, mais sans trop savoir pourquoi je me sens riant, j’en ai même le sourire aux lèvres, peut-être à cause du Très précis de conjugaisons ordinaires (***) de David Poullard lu dernièrement.  Voir les » images « du périple.

 

* Courrier international n°121, 23 au 29 janvier 2014.

** Jorge Luis Borges, Le livre de sable (El libro de arena), recueil de nouvelles publié en 1975.

*** David Poullard et Guillaume Rannou, Très précis de conjugaisons ordinaires,
Tome 1 Le travail –  Tome 2 Les chansons populaires.

 

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Hitchcock, Naruse — masques et têtes

Alfred Hitchcock – (1949) Les Amants du Capricorne –Under Capricorn
Mikio Naruse – (1954) Le grondement de la montagne –Yama no oto

Depuis de nombreuses années, au fil des thèmes de mes recherches j’essaye de construire mes visionages cinématographiques par série dont le lien peut prendre forme plus ou moins arbitrairement avec les réalisateurs, les acteurs, les genres… ou bien encore les époques, les pays d’origine, etc. Que ce soit des films de genre comme les westerns d’Anthony Mann, les films de Gangster de Seijun Suzuki, des grands classiques d’André De Toth, William Wellman, Henry Hathaway, John Huston, Billy Wilder ou Vincente Minnelli, de tous les Lang Fritz, des Satyajit Ray et des Ritwik Ghatak, des Akira Kurosawa, Yasujiro Ozu et Kenji Mizoguchi, Jean Renoir et Max Ophüls, des mélodrames de Douglas Sirk ou bien des films du duo de Michael Powell & Emeric Pressburger, des documentaires de Joris Ivens, de Jean Rouch, de Johan Van der Keuken, les Rainer Werner Fassbinder, les Pier Paolo Pasolini, Joseph Losey… et bien d’autres, ainsi que des films contemporains de réalisateurs vivants comme Jean-Luc Godard, Werner Herzog, Luc Moullet, Apichatpong Weerasethakul, Jia Zhang Ke… Souvent se produisent des rencontres improbables, des ponts et des collusions entre ceux-ci. Dernièrement par exemple j’ai vu quelques films* terribles sur la survie, le désespoir et la résistance, l’avortement et le suicide où des têtes et des masques jouent un rôle particulier. Les photogrammes présentés ci-dessus en proposent un cas concret. Si je connaissais déjà l’image forte de la fameuse « tête réduite » sur le lit d’une Ingrid Bergman somnolente (oh grâce !), quelle ne fut pas ma surprise de la découvrir dans Les Amants du Capricorne (1949) d’Alfred Hitchcock – un film sous-estimé du maitre qui se passe en Australie – et d’enchainer d’une certaine manière avec les scènes d’une beauté incroyable du masque Nô d’un adolescent dans Le grondement de la montagne (1954) de l’étonnant et grand maître japonais du pessimisme Mikio Naruse. Une métaphore audacieuse se produit là mais sans la décrire je vous renvois aux images elles-mêmes.

(*) semaine n°3 (2014), derniers films vus :

[...]
– Akira Kurosawa – (1963) Entre le ciel et l’enfer –Tengoku to jigoku
– Alfred Hitchcock – (1944) Lifeboat
– Alfred Hitchcock – (1949) Les Amants du Capricorne –Under Capricorn
– Mikio Naruse – (1954) Le grondement de la montagne –Yama no oto
– Shohei Imamura – (1966) Le Pornographe (Introduction à l’anthropologie) –Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon
[...]

Cavalleria

Italian Cavalry School at Tor di Quinto near Rome 1906 Italian Cavalry School at Tor di Quinto near Rome 1906

École de cavalerie italienne de Tor di Quinto, 1906.

Ces deux photographies montre la maîtrise des officiers italiens de l’école de Tor di Quinto près de Rome, deux cavaliers en situations difficiles durant une course de cross-country. Au début du 20e siècle cette école équestre militaire était une des meilleures au monde, avec notamment celle de Saumur, le Cadre noir, dont la doctrine est : « le cheval calme, en avant, et droit ». Mais on est ici loin de là !

Eaux-Bonnes — Petit Gabizos — retraite du 1er janvier ’14

2014.01.01_-_Parcours_Petit_Gabizot

2014.01.01_-_Parcours_Petit_Gabizot

Parcours dessiné en blanc, roches sédimentaires
du Jurassique (en bleu) et du Dévonien (marron)
sur une projection tri-dimentionnelle de cartes géologiques
du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM).

 

31 décembre, suite à un oubli d’un plafonnier capricieux, ma batterie était à plat, mais après contrôle au pèse acide, remise à niveau d’eau déminéralisée et recharge c’est reparti comme en 14 ! La route qui va d’Asson au col du Soulor mène en beauté au grandiose cirque du Litor. Elle traverse une étrange vallée assez sauvage et alterne, enchaine des portions à sens unique, avec une route de chaque coté de la rivière pour chaque voie de circulation. Conduire avec l’album Historicity du trio de Vijay Iyer, avec l’étonnante reprise/réinvention du « Galang » de M.I.A. à fond la caisse, accompagne parfaitement un pilotage rapide et fluide d’un départ matinal en montagne*.

Je suis parti léger (en laissant les raquettes… dans le coffre) car l’objectif fixé était assez conséquent pour la petite journée devant moi (crête Est du Petit + intégralité de celle du Grand Gabizos). En prenant le strict minimum j’en oublie même mon appareil photo**. À défaut j’ai utilisé mon téléphone mais contrairement au d200 il n’est pas tropicalisé et il semble ne pas avoir apprécié la grande humidité causée par un vent fort (environ 80 km/h) qui propulsait des petits flocons de neige partout. Suite à mes aventures en montagne (Pyrénées, Dolomites, Caucase) je n’avais pour l’instant jamais eu de problème de ce type : gros délire du système de synthèse vocale, même éteint. La seule solution fut de retirer la batterie après chaque série photographique. Si il est agréable d’être porté par le vent, d’être poussé lors de la montée, une fois arrivé sur les crêtes cela devient très gênant quand celui-ci est suffisamment fort pour déporter le marcheur intrépide. Ainsi il m’a contraint à abandonner mon projet pourtant déjà bien entamé, mais ce n’est finalement pas plus mal ainsi car ce terrain, aussi superbe que vénéneux, semble relativement maudit ***. Bien que mes deux précédentes tentatives dans ce coin avaient été des succès, celle de ce 1er janvier 2014 se solda par une retraite (voir les liens en bas de cet article, avec une première approche via la crête du Grand Gabizos en avril 2010, puis la même année en début d’automne par la face Ouest avec une fine couche de neige, et enfin en début d’été 2012 par la crête Est pour y poser un bivouac mémorable).

 

* par la suite, pendant la marche, j’écoute le dernier Boards of Canada, glacial et intersidéral (Tomorrow’s Harvest), sorti après huit ans d’absence ainsi que les mécaniques infernales des Testpressing (#001 à 004) de Demdike Stare.

** Quelques photos de l’ascension de l’arrête Est du Petit Gabizot (2639 m) ainsi que des villages de Ferrières et Arbeost de la pitoresque vallée de l’Ouzom.

*** Plusieurs accidents, dont un très tragique se sont déroulés dans ce coin. Lire : un article de La Dépêche Une cordée dévisse sur le pic du Gabizos, le 19 septembre 1999, et un post de blog Petit gabizos : la chute, l’hélico et l’enfer, le 9 Juillet 2011 dont le slogan est « En montagne vous êtes exactement ce que toute société moderne déteste : l’être le plus LIBRE du monde ».

 

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