et cetera ~ ~ ~

Une seconde fois


Retour en images d’un second voyage en Chine de 3 semaines.

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  1. Trois mois sur les routes de Chine
  2. E-mei Shan
  3. walk the walk
  4. Retours de Chine

 

E-mei Shan

Voir la carte touristique détaillée (?),
avec en rouge le parcours effectué.

L’ascension du mont Emei (E-mei Shan, 峨嵋山) est une rude et fameuse expérience. C’est une des quatre montagnes sacrées bouddhiques de Chine, située à environ 140 km de Chengdu, la capitale de la province du Sichuan. En partant d’environ 500-600 m d’altitude, du parking de Wuxian-gang et en passant par le temple (monastère) de Xianfeng puis celui de Xixiangchi, il faut pas moins de 50 km* de marche. La carte « ci-dessus » qui n’est pas du tout à l’échelle permet de se faire une idée de la chose, mais pour les temps nécessaires il faut se référer aux distances indiquées et non pas aux représentations non proportionnelles des parcours**.

Du premier au dernier pas on est sur des dalles de pierre taillées dans une très belle nature. Pour chaque mètre de dénivelé on escalade entre 6 et 7 marches sur des escaliers interminables. Si sur le coup c’est un peu violent et lassant il semble que l’avantage des marches d’escalier, outre l’évidente canalisation du public, soit que l’on récupère plus vite de l’effort important demandé. C’est moins fatiguant en bonne partie car on peut s’aider d’une belle main courant en béton avec un état de surface « fait main » imitant du bois. Celle-ci n’est uniquement absente sur quelques courtes portions de replat. Si la conception de la montagne comme un espace de liberté et d’improvisation en prend ici un sérieux coup, cette construction est néanmoins vraiment impressionnante, d’une envergure hallucinante, typiquement chinoise. Effectivement on a du mal à s’imaginer l’ampleur des travaux et de l’entretien que cela représente. Et dire que ces forêts sont à peu près occupées, habitées de la sorte depuis des centaines et des centaines d’années. C’est fou !

Quoi qu’il en soit ce parcours se fait très bien en deux journées et pour les plus sportifs peut-être même en une seule très grosse journée. Si c’est une superbe expérience, que je n’hésiterai pas à refaire pour passer plus de temps sur la route et monter moins directement en flânant pour apprécier les quelques chemins de traverse, découvrir plus en profondeur la faune et la flore (endémique) qui semble vraiment exceptionnelle, ainsi que plus profiter des cascades rencontrées et des superbes nuits dans des monastères d’altitude, il faut quand même préciser que le prix du ticket d’entrée***, assez incontournable, est vraiment exorbitant pour une conception « occidental » de la nature. Car la grande majorité du public vient à E-mei Shan pour la Joking monkey Zone qui une fois dépassée présente un nombre de randonneurs au mètre (kilomètre plutôt) carré tout à fait supportable.

* 50 km = 1,5 + 6 + 15 + 12,5 + 7,5 + 1,5 + 6.

• Wuxian-gang Park → Qingying Pavilon (710 m) : 1,5 km (certainement beaucoup plus ?)   // beaucoup de monde sur le chemin, monastère avec chambres à bon prix.
• Qingying Pavilon → Hongchunping : 6 km   // monastère, beau, petit, bon prix.
Hongchunping → Jiulao Cave : 15 km   // changement de type de forêt, monastère, assez grand, bonne ambiance vivante, dans une belle forêt, prix abordables.
• Jiulao Cave → Xixiangchi : 12,5 km   // monastère, belle vue, assez grand.
• Xixiangchi → Leidongping (2430 m) : 7,5 km  // changement de type de forêt – Belle zone avec de vieux rhododendrons.
• Leidongping → Jieyin Palace (2540 m) : 1,5 km  // parking et téléphérique sommital, beaucoup de monde, intérêt relatif (ambiance très « touristique »).
• Jieyin Palace → Jinding Peak (3077 m) : 6 km   // sommet pas très impressionnant car très grand (large), mais une belle vue lointaine par temps dégagé.

** Un autre chemin qui part de plus bas passe par le Baoguo Temple (550 m). On peut aussi passer par Wannian Temple (1020 m) qui semble être une route plus courte.

*** 185 Rmb en avril 2015 !

 

La Porte de l’enfer

« Just as the French impressionists were inspired by classical Japanese woodcut artists, in a similar way there is every possible reason for Western film directors to learn from the Japanese film, Gate of Hell, where the colours really serve their purpose. I would think that the Japanese themselves regard this film as a naturalistic film, in historical costumes, of course, but still naturalistic. Seen with our eyes, however, it seems like a stylised film with attempts at the abstract. »

Carl Theodor Dreyer à propos de Jigokumon (地獄門), Gate of Hell, de Teinosuke Kinugasa, 1953.

Rouler à vélo


Arrivée au phalanstère de Corbeil du jeune Indien
sur sa bicyclette Clément Luxe modèle 1897 achetée
à Laval qu’Alfred Jarry ne paiera jamais.

Da lontano era un’isola — De loin c’était une île,
Bruno Munari, 1971.

2014 en musique

Quelques disques remarqués en 2014 (par ordre alphabétique) :

– Swans – To Be Kind

– Andy Stott – Faith In Strangers
– Bohren and Der Club Of Gore – Piano Nights
– Current 93 – I Am the Last of All the Field That Fell – A Channel
– Cut Hands – Festival Of The Dead
– Grouper – Ruins
– Jozef van Wissem & SQURL – Only Lovers Left Alive Soundtrack
– Leyland Kirby – The Death of Rave – A Partial Flashback V-Vm
+ Intrigue & Stuff Vol 1-4
+ We Drink To Forget The Coming Storm

– Sleaford Mods – Divide and Exit
– St Vincent – St Vincent

 

+ Des rattrapages :
– Mendelson – Mendelson, 2013
– Mark Templeton, Jealous Heart, 2013
– Matias Aguayo – Ay Ay Ay, 2009 + The Visitor, 2013
– Moritz Von Oswald Trio – Fetch, 2012
– Ensemble Pearl – Ensemble Pearl, 2013

+ Et des découvertes :
– Oidupaa Vladimir Oiun ‎– Divine Music From A Jail, publié en 1999
– Pharoah Sanders – Karma, 1969
– Freddie Hubbard Ilhan Mimaroglu – Sing Me a Song of Songmy,
   A Fantasy For Electromagnetic Tape, 1971
– Nico – The End, 1974
– Family Fodder – Playing Golf With My Flesh Crawling – My Baby Takes Valium EP, 1979
– Idoli – Odbrana i poslednji dani, 1982

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Elle

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  1. Autostrada’3

 

Trois mois sur les routes de Chine

 

Taiyuan_-_Jinci_Temple_-_Stele_1_500.jpgZhangye_-_Pneu

 — du 25 juillet au 25 octobre 2014

« In the year of 1657 I discovered very
small living creatures in rain water. »
Antoni van Leeuwenhoek1

Avant j’en ai souvent rêvé, après aussi… mais comme le propose Iannis Xenakis, « il faut être constamment un immigré »! Si il reste encore pas mal de développements à faire voici déjà une première fournée. Dans un ordre quelque peu chaotique voici ma prise de connaissance liminaire du terrain avec ce [ fragile enchainement articulé ], difficile à figer, à terminer mais néanmoins tout à fait pensé ! Ces images forment un ensemble, une expérience forte vécue sur plusieurs milliers de kilomètres3, dont les interstices (invisibles)4 sont plus importants que les entités qui la composent.

Avec un groupe de six étudiants en 3, 4 et 5e année design graphique et multimédia et ma collègue Catherine M. nous avons passé deux mois à Chongqing missionnés par l’École supérieure d’art des Pyrénées — Pau Tarbes que je remercie infiniment pour avoir soutenu avec ardeur ce projet.

1. L’intégralité de sa lettre du 9 octobre 1676 (traduite en anglais depuis le néerlandais) est disponible ici.

2. « Il faut être constamment un immigré » entretien avec Xenakis, François Delalande, Buchet-Chastel/INA-GRM, 1997 (http://www.francois-delalande.fr/publications/classement-par-domaines/xenakis)

3. Pour accompagner la visite, voir la carte :
https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=z5-8bFvxVIOM.kGKDlGLTs0L0

4. À ce propos, Norman McLaren écrivit dans son manifeste Philosophy Behind this Machine (voir l’article suivant) : « Animation is not the art of drawings that move but the art of movements that are drawn ».

·

Balades en technicolor


Balades dans cinquante films, de l’Égypte antique
au printemps verdoyant du Béarn, le tout cousu
d’un fil technicolor. [ mai & juin 2014 ].

Nurse With Wound list


La Nurse With Wound list ici et .

Steven Stapleton, John Fothergill et Heman Pathak incluent cette liste de 291 noms de musiciens, groupes ou artistes de musique expérimentale à la sortie en 1979 du premier disque (Chance Meeting on a Dissecting Table of a Sewing Machine and an Umbrella – United Dairies) du groupe Nurse With Wound. Elle est considérée comme un hommage à différents compositeurs contemporains et à des artistes moins connus qui ont influencé NWW . Elle est depuis une sorte de « liste de course » pour les collectionneurs de musique d’avant-garde et d’enregistrements outsiders.

Ossau — solitude et fictions labyrinthiques de crête

Pic du midi d’Ossau depuis la crête Chérue-Lavigne

« La ligne est composée d’un nombre infini de points, le plan, d’un nombre infini de lignes, le volume, d’un nombre infini de plans, l’hypervolume, d’un nombre infini de volumes… Non, décidément, ce n’est pas là, more geometrico, la meilleure façon de commencer mon récit. C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de tout conte fantastique qu’il est véridique; le mien, pourtant, est véridique. »

Fin février, l’Ossau au cœur de l’hiver c’est quelque chose… L’objectif du jour n’était pas de faire un projet impossible (du moins pour l’instant !) mais de m’approcher en reconnaissance, le plus près possible de la première cheminée de ce fier sommet qui semble si imprenable. Pour cause d’un temps franchement peu accueillant je m’arrête en chemin au Pic de Chérue et me replie sur la cabane du même nom, en gardant bien à distance mon ambition aux effrayants nuages noirs. Sur la table est posé l’hebdomadaire Courrier international titré en couverture « Qui contrôle l’Afrique ? — Centrafrique, Soudan du Sud, Congo… les interventions militaires masquent la bataille pour s’emparer des richesses du continent » (*) mais je quitte cette lecture tentante pour une autre bien plus accueillante : Le livre de sable (**) de Jorge Luis Borges que j’avale d’une seule traite. Après un sommeil confortable mais habité de fictions labyrinthiques, le ciel se découvre. Ce qui m’invite à repartir sur les crêtes avec Henry Flynt, Deafhaven, Julia Holter et Philip Jeck dans les oreilles. Après une petite escalade sympathique (c’est toujours plus compliqué quand il y a de la glace…) au col Lavigne, je termine la journée par le sommet du même nom qui offre un superbe panorama à 360° sur la haute et basse vallée d’Ossau pour conclure ce parcours hautement recommandable. Cette conquête n’est absolument pas glorieuse, mais sans trop savoir pourquoi je me sens riant, j’en ai même le sourire aux lèvres, peut-être à cause du Très précis de conjugaisons ordinaires (***) de David Poullard lu dernièrement.  Voir les » images « du périple.

 

* Courrier international n°121, 23 au 29 janvier 2014.

** Jorge Luis Borges, Le livre de sable (El libro de arena), recueil de nouvelles publié en 1975.

*** David Poullard et Guillaume Rannou, Très précis de conjugaisons ordinaires,
Tome 1 Le travail –  Tome 2 Les chansons populaires.

 

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