

Work in progress, Pau 31.01.2011,
11h20 Départ de Jean Par***.
Pour la troisième fois, chose assez rare, je retourne dans ce coin du Petit et Grand Gabizos. Peut-être (de la même manière que le Pic de Ger) est-ce tout simplement parce que c’est une des destinations les plus proches de Pau ? Quoi qu’il en soit voici quelques mots à propos du sacré périple du 17 et 18 juin 2012. Départ du col du Soulor à 19 h, après une ascension haletante quand la nuit commence à être bien sombre un petit doute m’envahis sur ma capacité à y arriver et j’envisage alors courtement (comme dans les films ; -) de passer la nuit en route accrochée à un piton de la falaise. Mais finalement quelques minutes après, le sommet pointe son nez et je me pose vers 22 h 30. Reste à construire un mur nécessaire à protéger le camp des bourrasques… Miguel Angulo décrit le chemin que j’ai emprunté pour l’ascension de la crête Est (escalade PD — Peu Difficile) :
« Rude ascension de cette pointe audacieuse par son arête orientale. Pentes herbeuses excessivement raides pour atteindre la crête suivie d’une escalade aérienne en mauvais rocher près du sommet (pour montagnards avertis et bien équipés) ».
Après une magnifique mais difficile nuit (le vent) au sommet du Petit Gabizos (2639 m, qui n’a de petit que sa différence de quelques mètres avec le grand) au dessus d’une mer de nuage qui ne bougera pas de la journée, le lendemain je passe par la brèche du Pourtet et attaque le Grand Gabizos (2692 m), sommet sans fin avec sa longue crête des Taillades. Le soleil m’accompagne tout au long du parcours et la vue sur le Balaïtous et l’Ossau, le massif du Pic de Ger, le Val d’Azun, la plaine… est pleine d’impressions indescriptibles. Après de belles heures de plein soleil, la descente vers la civilisation (par le vallon de Larue) oblige de passer sous la couche de nuages, où l’atmosphère est bien plus froide et humide, il est environ 20 h le lendemain.
Voir les [ photos ] du parcours ainsi qu’intercalé des photogrammes du Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad, 1940) du génial − c’est le cas de le dire − Michael Powell et encore quelques vues plus ou moins récentes de Pau.
Même si en contre-bas la vue nocturne sur le Val d’Azun est sublime avec la brume montante et les névés qui reflètent la lune, le seule moyen d’essayer de dormir un peu dans cette nuit fort venteuse est d’écouter de la musique. Presque toutes les entrées de mon baladeur y passent : du classique Musick to Play in the Dark Vol. 1 de Coil en 1999 (avec Are You Shivering?, The Dreamer Is Still Asleep ou Broccoli) au Rough Travel For A Rare Thing de Bill Callahan (2010) en passant par la sale « Witch house » de Salem (un mélange synthétique et crasseux de shoegaze et de hype-hop – King Night, 2010). Pendant la marche j’ai écouté et réécouté pour les ascensions le très fameux Special Low Frequency Vol.2 de Earth (sorti en 1993), pour les crêtes le Marker d’Andy Moor (2007), ainsi que Lust for Life et The Idiot d’Iggy Pop (1977). Pour les siestes Something That Has Form And Something That Does Not de On — Sylvain Chauveau, Steven Hess et Christian Fennesz — un disque sorti en 2010 dont les très beaux titres, The inconsolable polymath, The Sound Of White…, s’écoutent sur le site du label. Et enfin Dreams less sweet de Psychic Tv (1983) qui accompagna les descentes.
Articles à mettre en relation (?) :
- Eaux-Bonnes — Grand Gabizos (2692m)
- Petit Gavizos – Du sucre glace sur le cirque du Litor
- Eaux-Bonnes — Grand Gabizos (2692m) – Photos
- Vignemale — Petit Vignemale (3027 m)
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